5 challenges de parents (dé)confinés : une méthode simple pour générer des solutions

Ce n’est pas une recette magique qu’on vous propose. Spoiler alert : il n’en existe pour rien. Nous n’avons à notre disposition qu’une boite à outils variés et modulables dans laquelle puiser, pour tâtonner et bricoler nos propres solutions, pour un temps donné, puis recommencer. Et c’est déjà pas si mal, non ?

On vous propose de faire un tour d’horizon de cinq challenges communs rencontrés par les parents (dé)confinés en ce moment, en appliquant à chacune de ces situations une réflexion en deux temps qui permet d’entrevoir des pistes d’amélioration réalistes. 

La fin du strict confinement n’a pas signifié un retour à la normale et la situation de transition actuelle le prolonge à différents degrés selon les familles : mobilité réduite, enfants à la maison, enfants à l’école, télétravail, temps partiel au bureau, … Faites le tour du buffet et « choisissez » votre formule ! Qu’est-ce que ça signifie pour vous ? Vous retrouvez-vous dans une des situations suivantes ? 

SOMMAIRE DE L’ARTICLE

1. «Je n’ai plus de temps pour moi » 

2. «Je n’ai pas de temps de qualité en famille » 

3. «Je ne parviens pas à faire mon travail correctement » 

4. «Je n’arrive pas à assurer l’école à la maison » 

5. «Je n’arrive pas à prendre soin de moi » 


Avant de démarrer, le principe de base, qu’on retrouve dans de nombreux modèles de coaching et de psychologie (on aime bien l’interprétation simple qu’en a Clotilde Dussoulier inspirée par le modèle de Brooke Castillo), est d’une banalité rassurante et très simple à appliquer pour une grande partie de nos inconforts et difficultés quotidiennes. Il est  aisé  à comprendre, il ne prend quelques minutes à appliquer et son effet est immédiat dès lors qu’on désire effectivement se faciliter la vie et répondre à la question « Que puis-je faire pour améliorer les choses? ».

L’articulation « Pensées – Emotions – Actions » : Les évènements extérieurs sont neutres et indépendants de nous (les faits), à l’aune de notre vécu, éducation et personnalité, nous les interprétons d’une manière spécifique (nos pensées), qui vont générer en nous un ressenti intérieur spécifique (nos émotions) qui vont, tel un moteur, nous mettre en mouvement et nous pousser à agir d’une certaine manière (nos actions), et nous récolterons les résultats de nos actions généralement en conformité avec nos pensées initiales (des faits). La boucle est bouclée. 

L’idée est de se mettre à distance quelques minutes pour essayer de mettre à jour et déconstruire ce cheminement dès qu’on en ressent le besoin pour accueillir ce que nous vivons (étape 1) et essayer de le transformer, en choisissant des pensées alternatives à appliquer aux évènements et génératrices d’un cheminement plus satisfaisant pour nous (étape 2). 

OK. La théorie est simplissime. Et si on prenait un exemple ? … ou plutôt cinq qui viennent de votre vécu en ce moment, et que vous pourrez prolonger à l’avenir ?

Il y en a un qui vous parle davantage ?

Je n'ai plus de temps pour moi

Challenge 1/5 : Je n’ai plus de temps pour moi

« Le confinement a alourdi ma charge professionnelle et domestique et je n’ai plus de temps ni d’espace pour moi, dédié à mon bien-être »

Et si je prenais quelques minutes pour souffler ?

Prenez quelques minutes pour vous demander quelles sont les phrases que vous vous répétez intérieurement et les pensées associées à cette situation, les conclusions que vous tirez (pensées), ce que vous ressentez, comment vous vous sentez (émotions), et de quelle manière vous (ré)agissez (actions). Et vous pouvez ensuite réfléchir à comment vous pourriez faire le chemin inverse, élément par élément. Dans cet exemple (manque de temps pour soi), le cheminement pourrait être : 

  • Pensées associées : « C’est sur moi que tout repose / Si je me retire pour un temps, même court, ils vont pas s’en sortir sans moi / De toutes façons, il n’y a rien à faire, faut serrer les dents le temps que ça passe / Je suis seule pour tout gérer / La vie en ce moment est vraiment faite de devoirs / Je ne vais jamais pouvoir mener à bien mon projet comme je voulais et tout sera gâché / Je n’ai pas le temps de me ressourcer et je vais finir par imploser / Il y en a toujours que pour les autres / Je suis égoïste de penser à moi en ces temps difficiles / Mes proches sont égoïstes de ne pas penser à moi / Il n’y a objectivement pas de temps pour moi, rien ne sert d’essayer de changer les choses ou de m’en plaindre … » 
  • Emotions ressenties: « Je ressens de la fatigue, du ras-le-bol, de la solitude, de la culpabilité, de la tension, de la colère, du découragement, un sentiment d’injustice, de la frustration, de la peur de l’avenir, de la perte de sens, du ressentiment, des regrets, … » 
  • (Ré)actions générées : «  Je me renferme sur moi-même / Je m’énerve facilement /Je fais des reproches incessants à mon conjoint et mes enfants / Je perds en motivation et efficacité au travail / Je compense avec des excès nourriture/tabac … » 
  • Qu’est-ce qui me ferait du bien de ressentir à la place ? « J’aimerais ressentir de la sérénité, de la motivation, de l’énergie, du soutien, de la confiance, du plaisir, de la joie, de la stimulation, … » 
  • Qu’est-ce que je pourrais penser à la place ? « Je vais retrouver du temps pour moi bientôt / Je ne suis pas seul.e. Je peux m’appuyer sur des ressources extérieures pour me décharger en demandant à la famille, à des amis, à des professionnels / J’ai des ressources intérieures solides / Je suis prioritaire / Mes envies et mes besoins sont aussi légitimes que ceux des autres / Je dois aller bien pour être disponible et utile pour les autres / Il y a toujours du temps disponible si on s’organise pour le créer / Je suis maître.sse de mon temps … » 

Qu’est-ce que je peux faire pour retrouver du temps pour moi ?

« Je planifie mon temps de plaisir et de détente en avance et transparence / J’identifie un projet ou une activité importante pour moi en ce moment et je demande de l’aide à mon entourage pour la sanctuariser et trouver des solutions / Je demande du soutien moral ou concret autour de moi / Je délègue ou supprime une autre tâche qui n’est pas essentielle / Je fais participer mes enfants à mon temps pour moi (dessiner ou lire  ensemble) / J’explique l’importance de cette activité soupape pour moi à mes enfants / Je lâche du lest pour récupérer un peu de temps (écran pour les petits, repas sur le pouce) / Je demande conseil à des pro ou à d’autres parents sur l’organisation et l’occupation des tout petits en admettant que je suis à court d’idées et d’énergie / Je fais une cure de vitamines … » 

de bons moments en famille

Challenge 2/5 Je n’ai pas de temps de qualité en famille

« Le télétravail en confinement alourdit ma charge de travail, explose mes horaires et méthodes, résultat je travaille davantage et je ne parviens pas à passer suffisamment du temps de qualité et plaisant avec mes enfants et en famille » 

Et si je prenais quelques minutes pour souffler ?

De la même façon, dans cet exemple (temps de qualité en famille diminué ), le cheminement pourrait être : 

  • Pensées associées : « Mon travail n’a pas de sens / Je ne suis pas aidée au travail, ils manquent de compréhension / Je suis un mauvais parent / Mes enfants vont m’en vouloir / Je ne suis pas à la hauteur / Cette vie n’a aucun sens en m’éloignant de ce qui compte vraiment / C’est pour eux que je me démène et ils ne le voient pas …. » 
  • Emotions ressenties: « Je ressens de la culpabilité, de la honte, du stress, de la tristesse … » 
  • (Ré)actions générées : « Je leur dis oui à tout par culpabilité et c’est pas tenable / Je cache mes difficultés au travail et ma charge ne change pas / Je travaille encore plus / Je suis sur la défensive et je vis mal les reproches de la famille … » 
  • Qu’est-ce qui me ferait du bien de ressentir à la place ? « J’aimerais au contraire ressentir de la fierté, de la joie, du plaisir, de l’accomplissement, de la tranquillité, … » 
  • Qu’est-ce que je pourrais penser à la place ? « Je n’ai pas beaucoup de temps mais on va l’organiser pour qu’il soit vraiment de qualité / J’ai des enfants très adaptables et compréhensifs / Je fais confiance à ma famille pour comprendre cette situation temporaire / Je fais de mon mieux et c’est déjà assez … »

Qu’est-ce que je peux faire autrement pour profiter davantage avec mes enfants ?

« Je prends le temps d’expliquer mes contraintes et le sens de mon travail à mes enfants en leur montrant concrètement à quoi je me consacre quand je suis loin d’eux et à quoi ça sert / Je planifie des temps de plaisir sacralisés à passer ensemble sur lesquels nous pourrons tous compter avec certitude /Je propose une activité qui nous lie (dessin, chant, film) qu’on va faire ensemble régulièrement / Je suggère un rituel quotidien avec les enfants qui ne prend que quelques minutes et va remplir le réservoir de chacun (câlin, dire 3 choses qu’on aime, danser ensemble, se raconter la journée de façon positive avant de se coucher, une balade après repas / Je leur prépare des petits papiers et surprises à trouver la journée quand je suis occupé.e /absent.e … »  

Rester efficace au travail

Challenge 3/5 : Je ne parviens pas à travailler correctement

« Le confinement en famille a bouleversé mon organisation du temps et je ne parviens pas à faire tout mon travail correctement » 

Et si je prenais quelques minutes pour souffler ?

De la même façon, dans cet exemple (efficacité au travail diminuée), le cheminement pourrait être : 

  • Pensées associées : « Je ne vais jamais y arriver / Je ne suis pas à la hauteur / Mes enfants m’empêchent de me réaliser / Je suis vraiment à la ramasse / Je vais finir par le payer au travail … » 
  • Emotions ressenties: « Je ressens de l’anxiété, de la pression, du stress, de la tristesse, un sentiment d’injustice … » 
  • (Ré)actions générées : « Je travaille matin et soir de façon décousue pour joindre les deux bouts et c’est épuisant / Je cache mes difficultés au travail / Je suis impatient.e et agacé.e à la maison … » 
  • Qu’est-ce qui me ferait du bien de ressentir à la place ? « J’aimerais ressentir de la sérénité, du calme, de la tranquillité, de la confiance, de la motivation … » 
  • Qu’est-ce que je pourrais penser à la place ?  « Mon temps est réduit il va falloir aller à l essentiel / Mes contraintes sont réelles et je fais de mon mieux / Je peux demander explicitement de l’aide et de la compréhension côté travail et côté famille … »  

Qu’est-ce que je peux faire autrement pour être plus efficace au travail ?

« Je dédie une réunion pro à remanier en concertation la charge de travail de la période de façon réaliste et anticipée / Je fais un planning familial / J’ai un système hebdomadaire et/ou quotidien simplet et transparent pour alerter mon équipe sur mes indisponibilités / Je pense à trois personnes proches à qui je peux demander de l’aide avec les enfants (cours de français à distance, discussion en visio, promenade de deux heures au parc) / Je délègue un dossier à un.e collègue qui a moins de contrainte et intéressé.e par le sujet … » 

Continuer l'école à la maison

Challenge 4/5 : je n’arrive pas à assurer l’école à la maison

« Les enfants ne vont plus à l’école et je n’arrive pas à assumer cette charge d’école à la maison »

Et si je prenais quelques minutes pour souffler ?

De la même façon, dans cet exemple ( difficultés à faire l’école à la maison ), le cheminement pourrait être : 

  • Pensées associées : « Je ne suis pas faite pour ça / Mes enfants sont insupportables / Je ne suis vraiment pas aidée / On va jamais s’en sortir / Ils vont prendre un retard impossible à rattraper / Je suis pas à la hauteur … » 
  • Emotions ressenties : «  Je ressens de la colère, de l’agacement, de la frustration, de la culpabilité, de l’inquiétude … » 
  • (Ré)actions générées : « Je m’énerve facilement / Chaque classe est un calvaire / Je m’y colle en essayant de faire autre chose en même temps pour gagner du temps et soulager ma peine / Je panique et donc je stresse encore plus les enfants / Je me/les compare à la Terre entière … » 

Qu’est-ce qui me ferait du bien de ressentir à la place ? « J’aimerais ressentir de la fierté, de la patience, de la sérénité, de la joie, de l’amusement, du détachement … » 

Qu’est-ce que je pourrais penser à la place ? « Ils vont s’en tirer / Je fais de mon mieux et c’est assez / Je fais confiance à l’instit pour assurer et rattraper tout ça / Les enfants ont une capacité d’adaptation et d’apprentissage incroyables, je peux être rassuré.e / Tout le monde aura du retard donc personne n’en aura vraiment / Mieux vaut une bonne ambiance stimulante et rassurante qu’essayer de cocher la to-do list à tout prix / Dans quelques mois tout ça est oublié … » 

Qu’est-ce que je peux faire autrement pour mieux gérer l’école à la maison ?

« Je peux solliciter des membres de la famille pour des cours d’appoint / Je me limite à ce qui est faisable ou facile / Je demande de l’aide à l’équipe enseignante / Je discute avec d’autres parents pour partager astuces et bonnes pratiques / Je demande aux aînés d’aider les plus jeunes (frère ou soeur, cousin.e.s, …) / Je me concentre sur les aptitudes plutôt que les connaissances, telles que créativité, concentration, mémorisation, patience et je trouve d’autres activités plus simples pour qu’ils les exercent / J’ai recours aux programmes en ligne et les émissions TV de classe à la maison … » 

Prendre soin de moi

Challenge 5/5 : je n’arrive pas à prendre soin de moi

« En cette période bouleversante, je constate une dégradation de mes conditions de vie et je souffre de troubles de sommeil et alimentaires » 

Et si je prenais quelques minutes pour souffler ?

De la même façon, dans cet exemple (troubles sommeil et alimentaires en réaction /compensation), le cheminement pourrait être : 

  • Pensées associées : « Ça va vraiment mal / Je ne suis pas à la hauteur / Ça va être encore pire maintenant / J’ai que la nuit pour moi / Les enfants doivent ressentir mon stress / Il me reste plus que ça pour tenir / J’ai bien le droit à certains excès / J’y peux rien, sinon je craque et là, tout le monde craquera / C’est temporaire, ça ira / Moi, c’est pas grave … » 
  • Emotions ressenties : «  Je ressens de la solitude, de la culpabilité, de l’épuisement, du découragement, de la démotivation … » 
  • (Ré)actions générées : « Je me réfugie dans encore plus d’écran, de mal bouffe, de cigarette, etc. / Je me critique et me dénigre sans cesse mais je ne parviens pas à changer / Je suis sur la défensive si on me fait la moindre remarque / Je refuse toute activité même de plaisir pour cause de fatigue … »
  • Qu’est-ce que je veux ressentir à la place au contraire ? «J’aimerais ressentir du soutien, de l’énergie, de la motivation, du repos, de la clarté, du plaisir, du bien-être… » 
  • Quelles pensées je peux avoir ? « La nourriture est un refuge ponctuel à une situation éprouvante et j’y ai le droit sans culpabilité / Ce sont des réactions naturelles au stress, je peux lâcher la bride / Il existe d’autres réponses ou solutions à explorer / Je ne suis pas seule pour y répondre / Je suis capable de surmonter la difficulté / Je peux me lâcher la grappe, je sais que ça ira / J’ai besoin d’encore plus d’énergie positive en ce moment … » 

Qu’est-ce que je peux faire autrement pour prendre davantage soin de moi?

« Je peux m’accorder en conscience des moments de nourriture-réconfort /Je peux faire la liste et préparer quelques alternatives de snacks ou repas plus sains qui me font plaisir et qui seront prêts en cas de fringales / Je cuisine en famille / Je peux choisir une ou deux activités qui m’aident à gérer le stress type exercice physique agréable comme de la danse ou appel à une amie ou famille, ou pause épisode ou podcast que j’aime bien / J’essaye une appli de détente pour le sommeil / Je limite ma connexion à certaines heures pour réduire les écrans / Je lance un challenge en famille pour ne pas le faire seul.e / Je prends 15 min de repos en journée seule ou avec les enfants / Je prends des vitamines pendant la période … » 

Alors, avez-vous pu entrevoir une chose nouvelle à tester ? Laquelle ? A quel moment prévoyez-vous de l’essayer ces prochains jours ?

Dites-nous ce qui fonctionne pour vous ou ce sur quoi vous luttez encore ! Bon cheminement !

Vous n’êtes pas seul.e à vous poser des questions et tâtonner ! Rejoignez un de nos ateliers ou programme pour le faire aidé.e en groupe ou de façon personnalisée !

Webinaire : Parents (dé)confinés : retrouver un équilibre pro – perso ,

Jeudi 4 juin à 14h

Participez à notre prochain webinaire ! Au programme, des outils et des conseils pour préparer la reprise :

  • décrypter les enjeux des parents (dé)confinés ;
  • changer de regard sur son équilibre grâce aux nouvelles clés de lecture apportées par cette période de (dé)confinement ;
  • bénéficier de conseils pour concilier travail et famille dans cette période
  • passer à l’action grâce un outil concret, « la roue de la vie »

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